Aujourd’hui, nous nous intéressons à la consommation d’électricité d’internet.

On entend parfois que « le meilleur produit en termes d’écologie, c’est celui qui n’existe pas ».

Cette approche trop radicale est stupide car tant que le besoin existera, les produits existeront eux aussi.

Au sein de KatchaK Digital Agency, nous sommes pour un monde digital écoresponsable et nous pensons qu’il appartient aux acteurs du numérique de créer et d’exiger des solutions écoresponsables. Ainsi, les produits numériques créés auront moins d’impacts négatifs que s’ils avaient été créés par d’autres acteurs moins regardants.

Mais comment être écoresponsables dans le numérique étant donné que tout est virtuel ?

En réalité, rien n’est plus faux. Le numérique est tout ce qu’il y a de plus physique et il est possible de limiter son impact en adoptant certaines bonnes pratiques.

Internet : physique avant d’être virtuel

Un site internet ne peut exister que si une infrastructure matérielle complexe existe. En effet, Internet permet de connecter des milliards d’ordinateurs entre eux et cette connexion est assurée par des infrastructures lourdes parmi lesquels des Datacenters, des réseaux de câbles sous-marins, des satellites.

En 1858, deux navires se sont rencontrés au milieu de l’océan Atlantique afin de relier les deux moitiés d’un câble long de 4000 kilomètres, permettant ainsi de connecter pour la première fois l’Europe et les États-Unis par télégraphe. Le premier message transmis a mis plus de 17h à être transmis entre l’Angleterre et les États-Unis.

Aujourd’hui, nous comptons plus de 380 câbles sous-marins autour du monde, pour une longueur totale d’environ 1,2 millions de kilomètres. L’information est ainsi transmise à de très hauts débits. Jusqu’à 16 millions de fois la vitesse d’une connexion internet domestique moyenne.

Sur terre, l’information voyage au sein de divers types de câbles (cuivre, câble coaxial, fibre optique). Dans les airs, l’information voyage par ondes radio (wifi, réseaux mobiles). Et au-delà de notre atmosphère une nuée de satellites participe également à parachever l’infrastructure internet.

À chaque fois que vous effectuez un clic sur internet, c’est une véritable partie de ping-pong qui démarre entre différentes machines :

  • Une requête part de votre ordinateur à destination du serveur sur lequel le site est hébergé.
  • L’information est transmise sur un maillage local jusqu’à votre fournisseur internet.
  • Cette requête parvient à votre fournisseur d’accès à Internet qui l’oriente afin de vous permettre de trouver in fine le serveur sur lequel le site que vous souhaitez consulter est hébergé. Ce serveur se trouvant souvent à plusieurs milliers de kilomètres.
  • Une fois ce serveur hôte contacté, de multiples requêtes ont lieu entre différents serveurs afin de réunir l’information que vous souhaitez consulter. Les informations affichées sur un site internet proviennent en fait de multiples sources qui ne sont pas au même endroit.
  • Les informations vous sont alors transmises en faisant le chemin inverse et sont interprétées par votre navigateur internet sur votre ordinateur.
Exemple de Datacenter

Internet consomme autant d’électricité que la Russie et l’Allemagne réunies

Ces informations ont voyagé à travers le monde en quelques secondes mais elles ont un coût énergétique important. En effet, si internet était un pays, il serait aujourd’hui le 3ème plus gros consommateur d’électricité au monde après la Chine et les Etats-Unis. Le numérique consomme en effet entre 10 et 15% de l’Energie électrique mondiale. Cette consommation de 1500 TWH par an représente l’équivalent de 100 réacteurs nucléaires. Et cette consommation double tous les 4 ans ! En 2030, Internet devrait devenir ainsi le premier consommateur d’électricité au monde en consommant l’équivalent à lui tout seul de la consommation électrique mondiale de 2008 tous secteurs confondus.

En termes de pollution, internet pollue 1,5 fois plus que le transport aérien. Si nous nous intéressons à la répartition de l’émission des gaz à effet de serre nous trouvons la distribution suivante :

  • 47% sont produits par l’utilisateur : vous et moi
  • 28% sont produits par le réseau
  • Les 25% restants sont produits par les Datacenters qui stockent le contenu auquel vous voulez accéder.

Les serveurs sur lesquels sont stockées les informations sont très énergivores. Une simple requête sur Google produit 2,8g de CO2 et serait équivalente à la consommation d’une ampoule allumée pendant une heure.

Une grande quantité d’énergie est dépensée pour le fonctionnement des machines mais elles doivent également être refroidies par des systèmes complexes de refroidissement qui sont eux aussi très consommateurs d’énergie.

Votre fournisseur d’accès et plus globalement tous les acteurs servant de relais d’information doivent router une grande quantité de données en continu. Cela se traduit encore par une consommation très importante d’électricité.

Enfin, votre ordinateur/tablette/téléphone consomme de l’énergie, cette consommation est proportionnelle à l’utilisation qui en est faite. Un ordinateur ayant à traiter un grand volume de données consommera bien davantage d’énergie que s’il ne devait traiter qu’un faible volume de données.


Des énergies pas si propres

L’énergie consommée est produite par des centrales électriques. En France, aujourd’hui la production d’énergie est assurée à 75% par le nucléaire, les énergies renouvelables ne représentant que 14% du bouquet énergétique actuel, le reste étant composé d’énergies fossiles. Notons que la production d’énergie renouvelable n’est pas exempte de pollution quand on prend en compte le cycle de vie des moyens de production.

Extraction artisanale de cuivre au Congo. Le cuivre est très largement utilisé dans toutes les infrastructures électriques.
Image Credits: Jonny Hogg

Dans les Régions d’Outre-Mer et en Corse, le constat est encore plus alarmant en termes de rejets de CO2 l’énergie étant produite à hauteur de 70% à partir de centrales Diesel ou Charbon. Ces combustibles étant de plus importés par bateaux.

Afin de réduire les impacts négatifs d’Internet, le plus efficace est donc de limiter la consommation d’électi.

Pour ce faire, nous vous avons compilé une liste de bonnes pratiques que vous trouverez un tout petit peu plus bas !

En résumé 

  • Une infrastructure lourde et énergivore permet l’existence d’internet
  • Internet consomme aujourd’hui autant que la Russie et l’Allemagne réunies
  • Près de la moitié de la consommation énergétique a lieu côté utilisateur
  • En respectant certaines bonnes pratiques (ci-dessous), il est possible de diminuer grandement son impact énergétique

Les bonnes pratiques à adopter pour aller vers un monde numérique écoresponsable 

Utilisateur :

  • Appareil :
    • Au moment de l’achat, prenez également en compte la consommation énergétique de votre appareil, certains modèles sont plus économes que les autres et vous feront économiser chaque mois sur votre facture d’électricité.
    • Choisissez un appareil adapté à vos besoins (une tablette consomme moins qu’un ordinateur)
  • Navigation internet :
    • Limitez vos onglets ouverts non utilisés
    • Prenez le temps de bien formuler vos recherches en utilisant des mots-clés pertinents et précis afin de limiter le nombre de requêtes
    • Utilisez un moteur de recherche écoresponsable. Nous adorons Ecosia ( https://www.ecosia.org/ ), vos recherches permettent de planter des arbres !
    • Ajoutez à vos favoris les sites les plus visités, ça vous évitera de passer systématiquement par la case Google en plus de vous faire gagner du temps
    • Limitez le streaming de vidéos. Par exemple, il est préférable d’écouter de la musique stockée sur votre ordinateur plutôt que de laisser tourner Youtube en fond.
    • De la même manière, il est préférable de stocker sur votre ordinateur la musique que vous écoutez le plus fréquemment plutôt que de la streamer depuis internet. Spotify et Deezer proposent tous deux des fonctionnalités de stockage hors ligne.
  • Emails :
    • Supprimez vos emails inutiles et désabonnez-vous des newsletters indésirables. Un email que vous conservez occupe de la place sur un serveur et consomme de l’énergie à chaque fois que vous affichez votre boîte mail ou que vous y effectuez une recherche.
    • Jetez un œil à Cleanfox https://www.cleanfox.io/en/, un utilitaire très efficace qui vous permettra d’alléger votre boîte mail et de vous désinscrire des newsletters inutiles en quelques minutes.
    • Supprimez les pièces jointes des messages auxquels vous répondez
    • Compressez vos pièces jointes de mails et n’envoyez pas vos photos en haute définition quand ça n’est pas nécessaire
    • Limitez le nombre de destinataires de vos emails
  • Stockage de données :
    • Privilégiez le stockage local au cloud
    • Si vous utilisez un système de stockage Cloud, nettoyez cet espace régulièrement afin de ne rien stocker d’inutile

Organisations:

  • Partagez les bonnes pratiques ci-dessus au sein de votre organisation
  • Intégrez des critères d’écoresponsabilité dans vos appels d’offres y compris sur des projets numériques
  • Choisissez des agences adoptant des pratiques écoresponsables telles que KatchaK Digital Agency

Agences & Freelances Web:

  • Choisissez des hébergeurs ayant une démarche écoresponsable. Nous conseillons PlanetHoster qui utilise 100% d’électricité issue des énergies renouvelables et qui propose par ailleurs une excellente qualité de service et un support très disponible.
  • Soignez le SEO des sites que vous réalisez, un site bien conçu en termes de SEO sera mieux indexé sur les moteurs de recherche ce qui réduira le nombre de requêtes nécessaires pour y accéder
  • Allégez au maximum le contenu que vous stockez sur l’espace d’hébergement (images, vidéos…). Un contenu plus léger aura pour effet un chargement plus rapide des pages de vos sites et donc une expérience de navigation améliorée tout en consommant moins d’énergie.
  • Compressez les images que vous postez en ligne, si vous utilisez WordPress vous pouvez utiliser Optimole qui se chargera des optimisations automatiquement
  • Minimisez le nombre de requêtes nécessaires
  • Minifiez le code HTML, CSS et Javascript afin de limiter la quantité de code qui sera transmise à travers le web et ainsi de sauvegarder de la bande passante.
  • Optimisez la gestion du cache selon la fréquence de mise à jour du site, un site qui ne change qu’une fois par mois ne nécessite pas d’être réactualisé tous les jours.
  • Si vous automatisez certaines requêtes, dimensionnez la fréquence en fonction des besoins réels. Par exemple, si vous intégrez un flux Instagram sur un site Web par API, il est rarement nécessaire de faire 24 requêtes par jour.

Sources :

https://www.ademe.fr/sites/default/files/assets/documents/guide-pratique-face-cachee-numerique.pdf

https://www.ademe.fr/particuliers-eco-citoyens/bureau/internet-e-mails-limiter-impacts

https://edition.cnn.com/2019/07/25/asia/internet-undersea-cables-intl-hnk/index.html

https://www.edf.gp/edf-en-guadeloupe/les-engagements-edf-dans-l-archipel-guadeloupe/production-d-electricite-en-corse-et-outre-mer/guadeloupe

https://blog.planethoster.com/la-pollution-lautre-face-cachee-dinternet/